A. La définition du contenu du projet et de ses cibles

A1. Choisir parmi les différentes vocations du sentier sous-marin

Le sentier sous-marin est un « instrument polyvalent » qui peut répondre à de nombreux objectifs dont les plus fréquents sont listés ci-dessous :

  • l’écotourisme (découverte de la faune et de la flore),
  • l’éducation et la sensibilisation à l’environnement,
  • la valorisation du patrimoine de la collectivité, d’un territoire,
  • gestion de territoire et préservation du milieu.

Mais aussi, même dans le cadre de l’éducation à l’environnement :

  • loisirs, baignade et sport,
  • formation professionnelle,
  • économique (source de revenus,
  • social (animation à caractère social).

Les moyens à mettre en œuvre seront différents selon la vocation choisie, notamment au niveau de l’animation et des messages à transmettre.
La définition précise et détaillée du ou des objectifs que vise l’opérateur est le préalable indispensable à la rédaction du cahier des charges opérationnel. Cette première étape servira autant à faciliter son élaboration qu’à une meilleure compréhension des tiers.
Dans le cas de choix multiples, un ordre de priorité devra être fixé. Toutefois, il peut apparaître pertinent de se centrer sur un, voire quelques objectifs, plutôt que de se lancer dès le départ dans un outil multi-usage mal maîtrisé.
Il est aussi essentiel que le projet soit cohérent et adapté à la nature juridique (collectivité ou établissement public / structure privée) et aux moyens matériels et humains du porteur de projet.
Remarque : en pratique, le sentier sous-marin n’est quasiment jamais l’activité unique des opérateurs existants. C’est, le plus souvent, une activité proposée en complément d’autres.

A2. les publics accueillis

Dans la continuité logique de la précédente étape, le choix du public principalement visé est à déterminer. Ce public cible aura une influence directe sur l’organisation et les moyens à mettre en place. À contrario, une fois le site choisi et les moyens déterminés, il sera beaucoup plus difficile de s’adapter à des publics spécifiques, notamment du point de vue de la sécurité ou de la réglementation. La liste ci-dessous est non exhaustive et comme pour les objectifs pourra être complétée :

  • « grand public » : individuels ou familles dans le cadre d’excursion à la journée ou de tourisme de séjour,
  • individuels en stage de découverte (adultes et enfants),
  • sportifs (pratiquant une autre activité en préalable ou en accompagnement du sentier : plongeurs, …),
  • scolaires dans le cadre de projets pédagogiques,
  • centres de loisirs et/ou services des sports (enfants),
  • groupes organisés d’adultes (clubs, comités d’entreprise, stages d’entreprise),
  • jeunes, dans le cadre d’un programme social / politique de la ville,
  • personnes handicapées.

Quel contenu pour quel public ?
Le tableau suivant permettra à l’initiateur du projet de croiser les critères fondamentaux définis ci-dessus et de déterminer la vocation première du sentier sous-marin pour chaque cas exposé.
Les critères fondamentaux à accorder (exemple) :

Grand public Individuels en stage Sportifs Scolaires Centres de loisirs
Tourisme ‘Promenade’ de découverte du milieu marin Stage approfondi de découverte du milieu marin ‘Promenade’ de découverte du milieu marin
Education et sensibilisation à l’environnement Apprentissage du respect du milieu Impact de l’homme sur l’environnement Apprentissage du respect du milieu En fonction du projet pédagogique Apprentissage du respect du milieu
Valorisation du patrimoine de la collectivité Informations simples Informations simples Informations simples En fonction du projet pédagogique Informations simples
Gestion de territoire et préservation du milieu Informations simples Informations simples Informations simples En fonction du projet pédagogique Informations simples
Loisirs, baignade et sport Dangers et sécurité Techniques élémentaires de la randonnée subaquatique Parcours ou Zone protégée Techniques élémentaires de la randonnée subaquatique Techniques élémentaires de la randonnée subaquatique

B. L’environnement du projet : les partenaires à associer

Les partenaires

La région Provence-Alpes-Côte d’Azur est la première destination touristique des Français et la seconde pour les touristes étrangers. Des conditions climatiques exceptionnelles, mais aussi des espaces naturels remarquables expliquent l’attrait pour cette région. L’influence du tourisme induit une forte pression sur le littoral. Des incidences qui, peu à peu, deviennent conséquentes sur les écosystèmes côtiers et marins. Néanmoins, en adaptant les comportements et en ayant les gestes adéquates, le tourisme peut diminuer sa pression sur les milieux et ainsi participer à l’amélioration de la qualité des eaux et des fonds marins. C’est dans ce contexte que la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur a souhaité développé cette démarche éco-touristique et de démarche qualité pour les sentiers sous-marins de Provence-Alpes-Côte d’Azur et y apporter son soutien technique et financier.

La sensibilisation, l’information, l’éducation et la communication au développement durable de la mer et du littoral, dans toutes ses dimensions sociales, économiques, et environnementales, participent à l’amélioration de la connaissance des activités et des métiers de la mer, à la bonne cohabitation des différents usages en mer et sur la côte, à la prise en compte par les usagers des impératifs de préservation des milieux naturels, à la valorisation du patrimoine et des traditions maritimes. D’une façon plus globale, à la concertation citoyenne pour la mise en œuvre de projets de territoires littoraux et au renforcement de la culture maritime régionale.

C’est dans ce contexte que la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur a créé le Réseau Mer qui rassemble associations, structures de gestion d’espaces naturels, institutions, scientifiques et professionnels des sports nautiques et du tourisme. Depuis 2002, le réseau a permis la conception et le partage de nombreux outils pédagogiques, de documents ressources co-rédigés par les parties prenantes et la mise en oeuvre de campagnes de sensibilisation d’envergure régionale.

B2. Les autres usagers de l’espace marin

« La mer est à tout le monde »
Comme le laisse entendre l’adage, des usagers très divers peuvent être directement ou indirectement concernés par le projet, notamment en raison de la gêne qu’il pourrait induire pour leurs activités. Ces usagers ou leurs représentants ne doivent pas être uniquement considérés comme des tiers à consulter pour assurer une bonne cohabitation. Ils peuvent aussi être des personnes ressources et partenaires de la
démarche.
En voici une liste non exhaustive :

  • Les pêcheurs professionnels (prud’homie locale).
  • Les autres professionnels présents sur zone : navettes, navires à passagers (promenade), loueurs de matériel de loisirs, …
  • Les clubs de plongée.
  • Les pratiquants des activités nautiques (sociétés nautiques, clubs de planche à voile, kayak, jet ski, …).
  • Les plagistes sur la zone.
  • Les chasseurs sous-marins et les pêcheurs amateurs qui, souvent, ne pratiquent pas au sein d’une structure organisée et sont donc moins faciles à contacter.
  • Les associations de découverte et/ou de défense de l’environnement, pour leur connaissance du territoire et de ses éventuels statuts de protection.

Concernant les usagers, deux points sont particulièrement importants :
1. Dresser une liste des catégories d’usagers et une carte simplifiée des espaces occupés par ces derniers.
Cette méthode permettra de clarifier en amont l’utilisation de la zone et d’engager laconcertation avec les bons interlocuteurs.
Remarque :même si une collectivité est à l’origine du projet, l’opérateur n’est pas dispensé d’effectuer ce travail de concertation préalable !
2. La mise en place d’un comité de pilotage incluant les principaux acteurs concernés sera un plus dans la mise en œuvre du projet. Ce comité a tout intérêt à comprendre des représentants des services de l’État. Cette instance a pour rôle de débattre et valider les choix de site, de parcours et d’organisation de l’espace (balisage le cas échéant).

Outils proposé :

Cartographiez les usages sur votre territoire

1. Localisez votre sentier sous-marin en faisant glisser la carte (zoom disponible à gauche)
2. Positionnez les usagers à l’aide du bouton « ADD », à chaque point positionné, vous pouvez sélectionner le type d’usage …


Exemple de carte des usages Calanque du Mugel à La Ciotat

B3. Les structures ou personnes ressources

La création d’un sentier sous-marin demande de rassembler des informations sur le milieu, la pratique ou la réglementation auprès de différentes structures ou personnes ressources.
Outre les acteurs institutionnels et socioprofessionnels évoqués ci-dessus, d’autres « personnes ressources » peuvent être utilement consultées :

  • scientifiques / institut de recherche,
  • autres opérateurs de sentiers sous-marins (en particulier ceux adhérents à la Charte des sentiers sous-marins, cf. en annexe la liste des signataires),
  • le Ministère de la Santé, de la Jeunesse et des Sports (Direction départementale ou régionale de la Jeunesse et des Sports),
  • les fédérations sportives pour la réglementation des pratiques (Comité départemental de la FFESSM),
  • l’Éducation Nationale : inspecteurs académiques et / ou conseillers pédagogiques en charge des sports ou de l’environnement (spécificités liées au public scolaire).

C. L’analyse et le choix du site

C1. Les mesures de protection ou de gestion du site

Le littoral français comprend de nombreuses zones protégées par une directive européenne, une loi, un décret ou un arrêté. C’est notamment le cas des parcs nationaux, des réserves naturelles, des parcs marins de divers statuts, des domaines du conservatoire du littoral, des zones Natura 2000 etc. Une implantation dans une zone protégée sera donc soumise à des contraintes plus importantes, et parfois déboucher sur une impossibilité de mise en œuvre. En revanche, en cas d’accord des autorités concernées, cette protection constituera certainement un atout important auprès d’un public, de plus en plus à la recherche d’espaces naturels préservés.

Au-delà de la simple protection, plusieurs aires marines françaises bénéficient de mesures de gestion active de l’environnement (régulation des usages : mouillages organisés, délimitations et réglementations spéciales, sensibilisation et surveillance en mer, éducation à l’environnement sur le littoral concerné, …).

Ces mesures de gestion pourront utilement être valorisées dans la démarche pédagogique de l’opérateur du sentier. Cette prise en compte est importante pour une bonne entente voire une collaboration entre le gestionnaire d’aire marine déjà en place et le nouvel opérateur.


La grande Nacre et la posidonie, deux espèces protégées

C2. Les caractéristiques physiques du site, les conditions de pratique et de sécurité

Après avoir pris connaissance du statut du secteur, les caractéristiques physiques naturelles de ce dernier vont être déterminantes dans le choix du site. Ces contraintes de terrain vont fixer les conditions de pratique et leurs limites, le choix des mises à l’eau, le parcours, le type de public.
Les principaux facteurs physiques à prendre en compte sont :

A Terre En mer
L’accès au site lui même (sentier escarpé, risques d’éboulements ou de chutes de pierres) Les vents dominants sur la zone
Les zones de mise à l’eau offrant une sécurité optimale Les courants et les zones protégées
Le type de rivage : sableux, rocheurx (galets, roches déchiquetées, …) La houle
La profondeur maximale, minimale et moyenne (sécurité, dégradation du milieu, visibilité)
Les points d’appui naturels permettant une pratique plus sécurisée
La température moyenne de l’eau (présence de résurgences froides d’eau douces)

Il sera utile de présenter pour les différents sites l’importance relative des conditions naturelles et leur « variabilité » : sites à forte variabilité et sites « sûrs ». Une forte variabilité ne va pas forcément impliquer l’abandon du site mais plutôt privilégier une pratique encadrée. Toutefois, il ne faut pas perdre de vue que la sécurité optimale doit être le critère prioritaire dans le choix d’un site.

C3. La biodiversité, la faune, la flore et les habitats

La découverte du milieu est une attente forte du public. C’est parce qu’il est un instrument particulièrement adapté à cette découverte que le sentier sous-marin connaît de plus en plus de succès.
La pratique en surface offre un point de vue qui permet de s’intéresser aux petits fonds mais aussi au paysage terrestre sur lequel le pratiquant ne manquera pas de poser des questions. Le pratiquant peut découvrir la diversité des zones en levant progressivement les yeux du fond jusqu’aux paysages terrestres.
Les caractéristiques du site à prendre en compte sont :

  • La richesse, la diversité et la représentativité du parcours au niveau de la faune, de la flore et des paysages terrestres et sous-marins.
  • La présence d’espèces protégées et/ou remarquables.
  • La fragilité du milieu.
  • La présence de « zones terrestres sensibles » : zone humide, forêt, …

Pour caractériser le site et vous en faire une idée précise, nous vous conseillons de :

1. Recueillir des informations auprès de structures ou de personnes « ressources » locales connaissant bien le site.
2. Effectuer vous-même un repérage sur le terrain, voire même, dans un second temps, accompagner quelques personnes sans entraînement particulier pour «tester» le lieu.

Ces deux étapes devront se traduire par l’établissement d’une première carte du site pressenti qui permettra :

  • de définir un ou plusieurs parcours reflétant la diversité des paysages, de la faune et de la flore,
  • de déterminer les points remarquables du parcours, futures stations d’observation,
  • de déterminer les éventuels points d’ancrage des balises repères et leur mode de fixation,
  • de rechercher en permanence le minimum d’impact et de dérangement sur les habitats et espèces,
  • d’élaborer le contenu pédagogique pour l’accompagnateur et les supports,
    de préparer un outil de suivi du milieu.

C4. Les caractéristiques d’équipement du site et de ses abords

Le site possède-t-il déjà une logistique et/ou une réglementation spécifique qui puisse contribuer au projet ? Il s’agit de recenser les moyens en place qui vont faciliter la mise en œuvre du sentier sous-marin :

  • Accès terrestre.
  • Parking et capacité d’accueil / horaires d’ouverture de ce dernier.
  • Sentier terrestre sécurisé.
  • Moyens de communication et/ou point d’information.
  • Zone de protection en mer ZRUB ou ZIEM.
  • Poste de secours : horaires de fonctionnement, moyens nautiques dont il dispose.
  • Mouillages organisés pour bateau de plongée ou pour la plaisance.
  • Locaux pouvant potentiellement être utilisés pour l’activité.

L’exploitation du sentier pourra être simplifiée en s’appuyant sur des moyens existants :

  • Extension de ZRUB ou de ZIEM.
  • Surveillance de la zone à partir d’un poste de secours déjà en place.
  • Point d’ancrage pour une embarcation.
  • Utilisation de locaux pour l’accueil ou les équipements.
  • Utilisation d’un parking proche pour un véhicule transportant les équipements.

Dans tous les cas, il est essentiel d’aller à la rencontre et de se concerter avec les différents acteurs locaux déjà présents sur ce site.

C5. Fréquentation et pression des autres usagers

Sauf exception, d’autres usages seront déjà présents sur la zone, de façon permanente ou saisonnière. La cartographie des usages (cf. carte des espaces occupés par les différents usages, p.91) est un bon support pour :

  • situer les éventuelles zones à risque pour la sécurité même des pratiquants (prévoir des balises ou des engins de signalisation),
  • situer les secteurs à partager et où des concertations préalables sont à mener, pour éviter qu’elles ne deviennent des zones de conflits liées à des nuisances réciproques (parcours adapté).

Les usages potentiels sur la zone :

  • Pêche professionnelle
  • Pêche amateur embarquée ou depuis le bord
  • Chasse sous-marine
  • Navigation et mouillages de la plaisance
  • Jets skis
  • Engins légers, surfs, planches à voile, kayaks, kite surf, …
  • Navettes touristiques
  • Sorties de ports
  • Baignade, …

L’analyse des usages doit prendre en compte le niveau de fréquentation (la pression).
Celle-ci doit faire partie des critères de choix. La zone est-elle déjà soumise à une forte pression ? La création d’un sentier sous-marin va-t-elle améliorer la préservation ou au contraire contribuer à sa dégradation ?

C6. Le nombre de personnes accueillies

Le nombre de personnes accueillies dépend :

  • de la pression globale (ou capacité de charge) que peut supporter le site, en tenant compte des usages existants,
  • de la volonté du gestionnaire et de son souhait de contrôler plus ou moins l’activité dans un esprit de préservation du milieu,
  • de la dangerosité du site,
  • des moyens qui seront mis en œuvre notamment pour la sécurité.

Il existe à ce sujet quelques études, notamment réalisées par le Parc National de Port-Cros, sur l’impact d’un sentier sous-marin sur le milieu.

Quelques chiffres peuvent être aussi des sources de référence :

En pratique libre

Le sentier sous-marin de Peyrefite (réserve naturelle de Cerbère Banyuls – Pyrénées Orientales) accueille 15 500 personnes dans une saison (2 mois). Les gestionnaires du site (Conseil Général des Pyrénées Orientales) ont mis en place un système original pour canaliser au mieux le flux de visiteurs. Une signalétique spécifique indique aux arrivants l’état de fréquentation du sentier :

  • étoile de mer verte : site non saturé,
  • étoile de mer orange : beaucoup de pratiquants,
  • étoile de mer rouge : revenir plus tard.

En pratique encadrée

La moyenne est plutôt de 2 à 3 000 visiteurs par saison (2-3 mois) en régime de croisière.
Le CPIE Côte Provençale, qui reçoit des scolaires, des groupes et des stages toute l’année, en compte 5 800 par an (d’avril à novembre) sur le site de la calanque du MUGEL (La Ciotat – Bouches du Rhône).

Dans tous les cas, le qualitatif doit primer sur le quantitatif. sur un plan à la fois écologique et économique, il vaut mieux accueillir dans de bonnes conditions moins de monde, que d’être dépassé par une fréquentation mal maîtrisée.

D. L’organisation d’un sentier sous-marin

D1. Le contexte général

Il n’y a pas de sentier sous-marin type. Parmi les structures qui ont participé à l’élaboration de la Charte, aucune ne propose une prestation identique. Chaque sentier est adapté à son territoire et aux préoccupations du gestionnaire ou de la collectivité territoriale qui a initié le projet.
L’intérêt croissant du public pour cette activité a fait émerger ces dernières années de nouvelles initiatives. Elles sont parfois très éloignées, dans leur contenu, de la définition rappelée dans la Charte des sentiers sous-marins partagée par la très grande majorité des acteurs existant dans ce domaine. Quelles que soient ces nouvelles initiatives, l’impact doit être évalué et la préservation du milieu mise en priorité.

Le sentier sous-marin est avant tout un outil de sensibilisation (et/ou d’éducation à l’environnement) au service des acteurs de la protection et de l’éducation à l’environnement ainsi que plus largement de tous les acteurs du monde de la mer soucieux de s’inscrire dans une optique de développement durable.

L’organisation de l’activité conditionne son fonctionnement ultérieur. Or cette organisation est très dépendante de la réglementation, s’agissant d’une pratique sportive en milieu marin, un ensemble de textes du droit maritime, du sport et de la consommation encadrent les composantes.
La lecture du chapitre « Réglementation » est fortement conseillée avant de se lancer dans le choix du mode d’organisation, les facteurs essentiels de celui-ci sont rappelés brièvement ci-après.

D2. Les principaux facteurs réglementaires de l’organisation d’un sentier sous-marin

La réglementation des sentiers sous-marins s’appuie sur deux grands domaines :

  • la réglementation littorale concernant la mise en œuvre d’équipements visant à améliorer la sécurité ou à des fins pédagogiques (balises, panneaux, bouées des fins de sécurisation ou d’outils de découverte).
  • la réglementation du sport touchant la pratique qui, selon les cas, pourra être de la simple baignade ou au contraire une activité en milieu spécifique rattachée au domaine de compétence de la FFESSM.

1. la mise en œuvre d’équipements pour la sécurité ou la pédagogie

La création d’un espace « protégé » par des interdictions (navigation, chasse, pêche)

Matérialisé par des balises et bouées assurant une meilleure sécurité pour la pratique des activités aquatiques (baignade ou sentiers sous-marins), cet espace « protégé » entre dans le cadre de la réglementation de la loi Littoral. La plupart des structures proposant des sentiers sous-marins ont mis en œuvre ou utilisé des espaces de ce type.
Les niveaux de protection les plus utilisés pour les sentiers sous-marins sont :

  • La zone réservée uniquement à la baignade (ZRUB), comme son nom l’indique, elle interdit tout autre activité. Exemple : Peyrefite à Banyuls,
  • la zone interdite aux engins motorisé (ZIEM) qui autorise les autres pratiques (engin à autres propulsions, chasse, pêche) mais dont le contenu peut être renforcé par des interdictions spécifiques. Exemple : le Domaine du Rayol,
  • la zone interdite à la navigation complétée par des interdictions spécifiques. Exemple : Port-Cros,
  • la zone interdite de mouillage. Exemple : le Mugel à La Ciotat.

L’équipement d’une zone avec « des supports de découverte »

(balises informatives, panneaux terrestres et immergés) Ils permettent de matérialiser un parcours, d’indiquer les sites remarquables, d’éviter la dégradation des fonds (les pratiquants pouvant prendre appui sur les bouées) et d’accroître la sécurité (dans le cadre de la loi Littoral). L’installation de balises, panneaux et bouées immergés sur le DPM et la mise en œuvre de toutes les restrictions des usages (les interdictions) doivent être soumises au préalable à une autorisation des administrations maritimes (préfecture maritime, services maritimes de la DDE, affaires maritimes) et leur délégataires (collectivités territoriales, établissements publics), et au
respect d’un certain nombre de procédures précisées dans le chapitre Réglementation.

2. la pratique de l’activité sportive

L’organisation d’une activité sportive est soumise au code du sport et aux règles spécifiques de l’activité concernée (exemple : la plongée).
L’exploitant d’un établissement est soumis à des obligations de respect de la réglementation, de sécurité, de déclaration, d’assurance et d’emploi de personnel diplômé et compétent. Le statut de l’exploitant ne rentre pas en compte et la notion d’établissement est prise au sens large.

Pour l’activité sentier sous-marin, la réglementation distingue deux classements possibles avec deux réglementations distinctes :

  • La baignade, qui se caractérise par une pratique dans un espace délimité prévu à cet effet et portant toutes les restrictions d’usage nécessaires à une pratique en toute sécurité
  • L’activité sportive en milieu spécifique relevant du domaine de compétence de la FFESSM. Quelle que soit la zone de pratique, l’activité est considérée comme étant en milieu spécifique dès qu’il y a une animation, ce terme étant pris au sens large. La présence d’un animateur, mais aussi la présence de panneaux et de balises informatives est considérée comme de l’animation. La quasi-totalité des sentiers sous-marins existant relèvent de ce domaine.

En théorie, en excluant la pratique individuelle en zone non balisée, on peut définir trois
grands types de sentiers sous-marins. En pratique, les sentiers sous-marins présentent des variantes qui peuvent mixer ces catégories.

D3. Les grands types de sentiers sous-marins

Dans les paragraphes ci-après, la pratique en autonome se qualifie par opposition à la pratique accompagnée.

1. la pratique en autonome dans une zone de baignade

La pratique se fait dans une zone délimitée par des balises, des bouées, des lignes d’eau. La zone est aussi protégée par des restrictions et interdictions d’usages propres à la zone réservée à la baignade (ZRUB). La zone est le plus souvent inclue dans le plan de balisage.
La pratique en autonome dans une zone de ce type s’assimile à de la baignade et la réglementation est celle de la baignade en matière de déclaration, d’équipements et d’encadrement.
Accessible à tout public pour la pratique en palmes, masque et tuba, la zone l’est également aux autres usages autorisés tels que la baignade ou les engins de plage. La création d’une zone de baignade implique pour l’exploitant de mettre en œuvre tous les moyens pour assurer la sécurité de la pratique pour tous les publics.
La zone est surveillée par du personnel ayant les compétences et diplômes adaptés à l’activité (BEESAN, Brevet National de Sécurité et de Sauvetage Aquatique (BNSSA), …). Celui-ci n’a pas compétence pour enseigner la pratique d’une activité randonnée aquatique.
La location de matériel (palmes, masque, tuba) est possible sans sortir du domaine de la baignade.

Avantages Inconvénients
La pratique se fait en toute sécurité sans signalisation individuelle (bouée de surface) Nécessité d’engager des procédures de dedmande d’AOT du DPM
Le site est préservé (chasse, pêche, mouillage, …) pendant la durée du plan de balisage La fréquentation n’est pas maîtrisée ; baigneurs et randonneurs palmés peuvent se gêner
Pour une collectivité territoriale, la mise en œuvre de ce type de sentier sous-marin est assez facile et peut être incluse dans le plan de balisage (AOT du DPM nécessaire), une surveillance de baignade est obligatoire ainsi qu’une déclaration en zone de baignade Peut-on parler encore de sentier sous-marin en l’absence de toute animation ?

2. la pratique en autonome dans une zone délimitée et protégée, équipée de supports de découverte

La délimitation et la protection de la zone concernent des restrictions et interdictions des usages dangereux pour les pratiquants (ZRUB, ZIEM renforcée, Zone d’interdiction de navigation).
Le site est équipé de balises et de panneaux (terrestres et aquatiques) matérialisant un parcours ou des points remarquables et portant des informations sur la faune, la flore, les paysages ou l’environnement.
Dans l’eau, les points remarquables du parcours sont repérés en surface et/ou au fond par des balises et/ou bouées qui permettent au pratiquant de localiser les principaux centres d’intérêt et d’accéder librement à des informations sur le milieu.
Ces équipements sont considérés à vocation d’animation et pédagogique. Il s’agit alors d’une activité en milieu spécifique relevant du domaine de compétence des structures agréées qui définissent les règles de pratique et d’encadrement. Le chapitre sur la réglementation présente le détail des conditions de pratique.

Avantages Inconvénients
Localisation facile des centres d’intérêts et accès libre à des informations sur le milieu L’accès libre pose le problème de la surveillance des autres pratiquants
Les balises renforcent la sécurité en permettant de mieux visualiser son parcours et offrent un point d’appui en cas de difficulté L’équipement entraîne un aménagement du site pouvant le dégrader s’il est mal maîtrisé
Les balises canalisent les pratiquants et limite la dégradation du milieu

3. la pratique accompagnée

Quelle que soit la zone, protégée ou non, la pratique est accompagnée par un animateur.
L’accompagnateur accueille, conseille les participants pour s’équiper et explique la façon d’évoluer, les gestes à adopter pour ne pas dégrader le milieu. Pendant l’activité, il va assurer la sécurité et faire découvrir le milieu au groupe, en adaptant son message aux différents facteurs à prendre en compte. La pratique se fait en groupe (un nombre de 8 personnes maximum est conseillé) équipé d’un moyen de signalisation (planche de surface, cf. L’activité aquatique, p.74).
Les conditions de pratique et d’encadrement relèvent de la FFESSM (cf. La réglementation, p.35)

Avantages Inconvénients
Une fois signalée, la pratique s’adapte à toutes les zones. Elle peut se faire à partir d’une embarcation sur des sites non aménagés et/ou non accessibles La pratique nécessite la présence d’un ou plusieurs animateurs (selon le nombre de personnes) possédant les compétences et diplômes nécessaires
L’animateur sécurise les pratiquants et peut remplacer des supports fixes (moindre impact, procédure plus légère, … Le coût élevé de cette pratique
Elle permet de varier les parcours en fonction des thèmes
Elle peut être complémentaire aux autres approches
L’animateur est formé et compétent

Bouées, balises et ancrages

Le cahier des charges pour la mise en œuvre d’un balisage s’appuiera sur un choix judicieux d’équipements qui contribueront à une moindre dégradation du milieu. Il existe des solutions écologiques adaptées à chaque type de fond.
Celui-ci est caractérisé par sa nature : vases et sables, galets et éboulis, blocs et roches, coralligènes, herbiers. Il se caractérise aussi par son importance écologique, la présence d’espèces protégées (grande nacre par exemple), sa vulnérabilité.

Le mode de fixation au fond sera déterminé selon la cartographie du milieu, réalisée dans l’étape 3 de ce document : corps morts, vis à sable, ancrage hélicoïdaux sur herbiers, anneaux et plaques inox fixées par perforation.
Un guide complet des ancrages écologiques est disponible auprès des aires marines protégées. Celui-ci répond aux principales questions du futur exploitant : quels ancrages, quels coûts et quelle fiabilité sur différents types de fonds ? Il est également intéressant de consulter les sites des constructeurs.
La cartographie du milieu, préconisée dans le paragraphe C3, et celle des usages permettront d’établir la carte des protections, des balisages et des parcours.

4. Le choix d’une organisation

Le choix du type d’organisation est très important car les conséquences en terme de fonctionnement, de réglementation et d’investissements ne seront pas négligeables.
Ce choix peut être facilité par la prise en compte des éléments suivants :

  • L’objectif initial et le public reçu : s’agit-il d’un sentier à vocation touristique recevant du grand public, ou s’agit-il d’un outil d’éducation et de gestion de territoire ?

Un simple accueil touristique ne nécessite pas le même niveau d’organisation qu’un sentier sous-marin créé dans le cadre d’une gestion territoriale.

  • La spécificité du site en terme de richesse et de diversité (permettant des parcours différenciés) : des conditions de pratiques (variabilité des conditions météos), de sécurité (présence d’autres usagers).
  • La pratique dans un site présentant beaucoup de diversité et de variabilité sera mieux maîtrisée par la présence d’accompagnateurs.
  • La volonté de préservation du milieu impliquera la mise en œuvre d’installations de protection et de balisage liées à des interdictions et restrictions d’usages, ainsi que la maîtrise des flux de pratiquants.
  • La nécessité d’assurer une sécurité optimum pour les pratiquants impliquera que soient mis en œuvre des moyens propres à assurer celle-ci (protection de la zone, signalisation, accompagnement).
  • L’investissement et les frais de fonctionnement que la structure est prête à engager.

Associer protection, encadrement et tuba FM paraît la meilleure solution, mais implique beaucoup de moyens.

Le tuba FM

Plusieurs structures gestionnaires de sentiers sous-marins se sont équipées de « tuba FM ».

Avantages Inconvénients
C’est un bon compromis entre l’accompagnateur, les balises et les panneaux pédagogiques N’assure pas la sécurité, surveillance obligatoire
Moins lourd à mettre en place et à entretenir que les panneaux / bouées Difficultés techniques émission/réception, vol éventuel de tubas

E. Les composantes de la pratique

E1. Une fonction primordiale : l’accueil

L’accueil du public est une fonction primordiale à prendre en compte dans la mise en oeuvre. C’est le premier contact du public avec l’activité, qu’il soit matérialisé par des panneaux ou par un animateur. L’accueil donne une première occasion de communiquer sur le territoire, l’activité, le milieu et l’environnement.
Selon l’organisation du sentier, les missions de l’accueil seront :

  • Orienter le public vers le lieu de pratique dans le cas où l’accès est libre, et quand les conditions de mise à l’eau ne sont pas nettement définies.
  • Mettre à disposition du public de l’information sur les caractéristiques essentielles du site (protection, classement, paysages) et de la structure dans un objectif de valorisation du paysage.
  • Afficher les informations réglementaires et obligatoires sur la pratique (voir Réglementation, p.35) et l’organisation des secours.
    Informer sur les dangers éventuels, la présence d’autres usagers pouvant présenter une gêne ou un risque.
  • Assurer la logistique, la réservation dans le cas de sentiers sous-marins encadrés ou la mise à disposition / location en cas de balade libre.
  • Éventuellement faire une présentation du milieu, des paysages, de la faune et de la flore avant la mise à l’eau. En effet, dans le cas d’une pratique autonome, l’accueil prendra en charge des missions qui sont réalisées en principe pendant l’activité proprement dite.

L’accueil pourra être assuré selon les cas par :

  • les panneaux d’information,
  • le personnel spécifique (animateur terrestre),
  • le personnel de surveillance (mais ce n’est pas son rôle),
  • l’animateur marin (si accompagné).

Voici deux exemples complètement différents mais bien adaptés à leur organisation spécifique :

  • Le sentier sous-marin de Peyrefite à Banyuls est ouvert au public en pratique autonome. N’ayant pas d’animateur dans l’eau, l’accueil y est d’autant plus important. Un ensemble composé de panneaux d’information, d’un point d’accueil, de locaux d’exposition et de personnel spécialisé permet de satisfaire aux exigences d’un sentier sousmarin répondant aux critères de la Charte. Ce sentier est aussi équipé de tuba FM.
  • Le récent sentier sous-marin de Port d’Alon à saint-Cyr est installé sur une zone du Conservatoire du littoral. Ainsi,les partenaires à l’initiative du projet ont choisi une structure légère et un nombre de pratiquants limité. L’animateur est en charge de l’accueil et de l’activité. Celle-ci dure environ deux heures dont une partie importante consacrée à la présentation du milieu.

E2. l’activité proprement dite

L’activité est le point d’aboutissement de tout ce qui a été organisé auparavant. Dans le prolongement de l’accueil, elle doit prendre en compte deux aspects : la pratique et le contenu pédagogique.
La pratique concerne l’aspect technique et physique, le bien-être du pratiquant et la sécurité.
La responsabilité de l’exploitant est engagée pour les risques encourus par le public, mais aussi en terme de satisfaction des attentes du pratiquant (confort, matériel adapté). Aussi l’exploitant se doit de :

  • donner une information sur le parcours, les mises à l’eau et les conditions de pratique,
  • s’assurer que le public dispose d’un équipement adapté et sait l’utiliser (rôle de l’animateur du sentier, du surveillant de baignade ou d’une personne affectée à la location du matériel).

Le contenu pédagogique dépend des objectifs fixés par l’initiateur du sentier. Tout ou partie des thèmes suivants pourront être abordés :

  • Découverte de la biodiversité, de la faune, de la flore et de l’habitat.
  • Découverte des paysages terrestres et marins.
  • Information sur la fragilité du milieu et l’impact de l’homme.
  • Apprentissage d’un comportement respectueux du milieu.

Les outils pédagogiques
Ils peuvent être utilisés à l’accueil, pendant le parcours, être utilisés par les encadrants ou prêtés au public.

  • La planche descriptive de la faune et de la flore est largement diffusée par diverses structures. Ludique (recherche des espèces) et pratique, elle peut être ensuite conservée par le pratiquant. Elle contient souvent des messages sur le comportement à adopter.
  • La planche spécifique au site, présentant le parcours avec les points remarquables, la faune et la flore.
  • La planchette sur laquelle on pourra annoter ou dessiner tout au long du parcours.
  • Le livret remis à la fin pour faire signer un acte d’engagement du pratiquant (à l’étude pour le réseau SSM)
  • Le tuba FM.

Pour plus de détails cf. L’activité aquatique

E3. le suivi

Il ne saurait y avoir de pratique sans suivi. Ce principe est inclus dans la Charte des sentiers sous-marins et plusieurs types de suivi doivent être programmés :
Le suivi du milieu, auquel peuvent contribuer les structures locales de plongée ayant des compétences en biologie marine. Il peut en effet être réalisé avec des outils simples d’observation.
Le suivi quantitatif et qualitatif de la fréquentation des pratiques et des publics par des observations ponctuelles et le suivi des entrées.
Le suivi de la satisfaction du public, de sa compréhension et de son engagement, ponctuel ou systématique, à l’aide de questionnaires.

Les « Points Rand’eau »
La FFESSM a créé le réseau des « Points Rand’eau » afin de référencer les centre de plongée qui s’engagent à structurer cette nouvelle activité. Des outils comme le « Pass-Rando » et la valise administrative des « Points Rand’eau » ont été mis en œuvre pour accompagner les associations et les structures commerciales agréées qui décident de jouer la carte d’une véritable réflexion spécifique à la randonnée subaquatique.
Le pack « Pass-Rando découverte » a été créé pour permettre un accès facile et simplifié à cette activité.
La valise administrative des « Points Rand’eau » comprend l’ensemble des éléments et informations nécessaires à une structure associative ou commerciale pour se lancer dans la randonnée subaquatique.

F. Les moyens

F1. Le personnel

En dehors des métiers de l’entretien et de la logistique, trois catégories de personnel peuvent être employées pour un sentier sous-marin :

  • Le personnel d’accueil peut assurer seulement la fonction accueil ou être un véritable animateur terrestre notamment dans le cas de sentier sous-marin autonome.

Le personnel d’accueil simple peut accomplir des missions d’information et de renseignement, assurer les réservations. Il peut être habilité pour la location de matériel sans toutefois fournir d’information sur l’utilisation. Le personnel d’accueil peut être une personne affectée à cette tâche ou le fait d’une structure externe (exemple : office de tourisme).

  • L’animateur terrestre doit avoir des compétences en environnement et sur le milieu littoral, connaître les caractéristiques essentielles du paysage terrestre du site et posséder des qualités d’animation. Il ne peut pas se mettre à l’eau en accompagnement et ne peut pas fournir d’explications sur l’utilisation du matériel.
  • Le surveillant de baignade dans le cas où la zone est affectée à cette activité. Il assure la sécurité mais ne peut ni animer ni fournir d’explications sur l’utilisation du matériel.

Rémunéré, il est obligatoirement BEESAN, MNS ou BNSSA.

  • L’animateur marin ou guide de la mer peut assurer l’accompagnement des pratiquants, donner des explications sur l’utilisation du matériel. En dehors de ses compétences techniques (randonnée subaquatique), il doit avoir une bonne connaissance du milieu marin, de l’environnement et des paysages terrestres du site.

Rémunéré, il est forcément Brevet d’État de Plongée, en attendant l’arrivée de brevets professionnels spécifiques à cette activité.
Bénévole, il a un diplôme fédéral lui permettant d’être guide de randonnée, au minimum initiateur apnée, initiateur club, initiateur Plongée Sous-Marine (PSM), MF1 dans le cadre de la FFESSM. Il agit sous la responsabilité d’un responsable technique de randonnée (ayant au minimum les mêmes diplômes).
Références à consulter pour les prérogatives et conditions de pratique : site internet de la FFESSM, rubrique « commission Apnée » ou auprès d’un point « Rand’eau ».

Il n’existe jusqu’à présent pas de définition, ni de formation spécifique pour le métier d’animateur de sentier sous-marin dans le cadre de l’EEDD. Le regroupement des structures d’éducation à l’environnement dans la communauté des sentiers sous-marins devrait permettre de faire évoluer la situation rapidement.

Cas du personnel de l’administration et des collectivités territoriales

Le personnel titulaire de ces organismes, s’il a une spécialisation d’activité physique et sportive, est habilité à surveiller une baignade et à encadrer une activité subaquatique. Il
doit posséder les connaissances requises pour animer un sentier sous-marin.

Les compétences et diplômes :

Compétence technique
Ce tableau présente les deux principales filières d’encadrement des activités sportives pouvant être concernées par l’activité sentier sous-marin.

Activité Rémunération Diplôme minimum Filière Apport de compétences complémentaires
Surveillant baignade oui BEESAN – BNSSA CREPS FFN
non Surveillant baignade FFN
Randonnée palmée oui BEES Plongée CREPS FFESSM Commission apnée
non Initiateur FFESSM

Autres compétences

La structure accueillant le public doit disposer globalement d’un ensemble de compétences qui seront plus ou moins étendues en fonction des choix d’organisation réalisés par l’exploitant.
Elles sont détaillées dans le chapitre Éléments et méthodes pédagogiques :

  • l’accueil : savoir accueillir, informer et gérer des réservations,
  • l’animation : compétence globale nécessaire et transversale aux autres compétences,
  • le milieu marin : faune et flore, paysages et écosystèmes du milieu marin,
  • les paysages littoraux : spécificités du site,
  • l’environnement : problèmes environnementaux spécifiques, les interactions entre l’homme et le milieu.

Le tableau suivant indique quelques filières possibles en fonction de ces compétences.

Compétence Formation Apport de compétences complémentaires
Accueil Action commerciale, tourisme Office de tourisme
Connaissance du milieu marin Universitaire (biologie marine, écosystèmes marins) FFESSM – commission Environnement et Biologie Réseau des sentiers sous-marins Parcs Nationaux, réserves, gestionnaires de milieu marin Prud’homies
Connaissance environnementale Universitaire (généraliste environnement, gestion de territoire, …)
Réseaux d’éducateurs à l’environnement
Réseau des sentiers sous-marins
Associations d’éducation à l’environnement locales
Connaissance sur les paysages terrestres Paysagiste, géologue, écologue, … Naturalistes et personnes connaissant bien le site

La rémunération du personnel

Les grilles de rémunération du personnel de structures privées pour une activité sentier sous-marin dépendent en général des conventions collectives de l’animation ou du sport. Un « guide de la mer » sera classé d’abord pour sa compétence technique (le brevet d’État). Il sera plus difficile de valoriser ses autres compétences notamment scientifiques, environnementales et d’animation.

F2. les points d’accueil

La présence de locaux est toujours un plus pour l’organisation de l’activité.
Accueil du public :

  • lieu d’accueil administratif,
  • lieu d’information,
  • lieu de présentation du site, des paysages et du milieu,
    vestiaires et douches.

Locaux techniques :

  • stockage de l’équipement (PMT, combinaison, tuba FM),
  • stockage de matériel divers.

La possibilité d’utiliser des locaux adéquats sur le lieu de pratique reste souvent un luxe. Quelques structures ont des locaux sur la plage (Les Jardins du Rayol, le CPIE Côte Provençale, association Octopussy / Naturoscope). Plusieurs autres ont réussi à intégrer efficacement un lieu d’accueil distant du lieu de pratique dans leur organisation (exemple : Parc National de Port-Cros).

Dans l’impossibilité d’utiliser des locaux fixes, plusieurs solutions existent :

  • des installations mobiles de type « plagiste » (accueil et technique),
  • un véhicule utilitaire servant de local technique pour le matériel (si accès terrestre),
  • une embarcation « support de plongée » sur des sites inaccessibles par voie terrestre (technique et sécurité). Exemple : l’Observatoire Marin du Littoral des Maures.

Ces solutions présentent l’avantage de préserver la zone littorale, mais limitent le nombre de pratiquants.

F3. Le matériel

En dehors des installations terrestres et marines et des locaux, les catégories suivantes de matériel feront partie des investissements de la structure :

  • le matériel de sécurité pour la pratique accompagnée : planche de chasse et bouée de signalisation,
  • Conseils : Préférer une planche assez volumineuse, plus voyante, pour emporter du petit matériel pédagogique, de l’eau et éventuellement selon la pratique du matériel de secours. Une planche volumineuse peut aussi permettre de ramener un pratiquant susceptible de rencontrer des
    difficultés.

    • le matériel d’intervention de premier secours : trousse de secours, eau, couverture, matériel complet d’oxygénothérapie,
    • l’équipement des pratiquants : palmes, masque, tuba et combinaisons adaptés à chacun,
    • le matériel de communication : téléphone mobile ou VHF (obligatoire en mer pour appel du CROSS),
    • embarcation de surveillance de type semi-rigide.

    G. Récapitulatif budgétaire

    G1. Les investissements

    Aménagement de locaux
    Pour l’accueil et la technique ; investissements en fonction des locaux.

    Achat de matériel
    (Prix catalogue constructeurs)

    Embarcation support de plongée Dans le cas de sentier sous-marins itinérants
    Véhicule utilitaire Dans le cas de sentier sous-marins disposant de parkings à proximité du lieu de pratique
    Embarcation de surveillance Dans le cas de site étendu, où la surveillance du bord est limitée

    Matériel lié à l’organisation du site
    Le budget comprend l’achat des supports, la conception des panneaux, leur fabrication et l’installation
    des panneaux et balises.
    Coût à estimer en fonction de l’organisation du site.

    Mission Objectif Matériel
    Sécurité Informer
    Sécuriser
    Accéder à l’embarcation Panneaux terrestres
    Panneaux terrestres
    Balises, bouées, lignes d’eau
    Ancrages écologiques
    Animation Informer
    Découvrir le parcours
    Utiliser un tuba FM
    Panneaux terrestres et marins
    Balises et panneaux marins
    Emetteurs
    Balises émettrices
    Equipement individuel

    Équipement du pratiquant
    Les principaux éléments d’équipement sont :

    • palmes, masques et tuba avec une gamme adaptée aux différents publics reçus (enfants),
    • combinaisons ou « shorty » avec également une gamme adaptée aux différents publics reçus (hommes, femmes,enfants).

    Préconisations :

    • Pour un groupe de 8 personnes (adultes et enfants), prévoir 2 équipements par taille.
    • Pour l’accueil d’enfants en collectif (scolaires et Centre de Loisirs Sans Hébergements (CLSH)) par groupe de 16, prévoir 5 équipements par taille.
    Tarifs indicatifs (2007) à partir de … Adultes Enfants
    Combinaisons 120 € 98 €
    Shorty 29 € 26 €
    Palmes 20 € 11 €
    Masque 6 € 6 €
    Tuba 6 € 3 €

    Equipement de sécurité (à partir de …)

    Matériel de communication VHS portable (conseillée) ou mobile : 100 €
    Bouée simple Bouée de signalisation : 23 €
    Planche de ‘chasse’ Planche 2 boudins pour transporter le matériel : 100 €
    Kayak gonflable Randonnée ‘longue’ : 350 €
    Trousse à pharmacie Trousse sur le lieu de l’activité, contenu conforme à la réglementation des activités subaquatiques : 30 €
    Oxygénothérapie Location saisonnière de l’ensemble du matériel conforme à la réglementation : 745 €

    Prix donnés à titre indicatif

    Outils pédagogiques

    Planche pédagogiques (faune,flore) FFESSM et éditeurs : de 5 à 15 €
    Planche d’annotation Longitude 181 15 €

    Prix donnés à titre indicatif

    Exemple du SSM de Port d’Alon

    Port d’Alon est un projet en partenariat entre le Conservatoire du Littoral, la collectivité de Saint-Cyr sur Mer et le CPIE Côte Provençale.
    Activité de la 1ère année : 450 personnes reçues.
    Description : Un seul guide de la mer accueille et accompagne le public (en général des familles ou des centres de loisirs). Il dispose d’un local sur la plage, du matériel de sécurité et d’un équipement complet.
    Durée de la mission : 3 mois.

    *Estimations car frais couverts par la structure CPIE

    G2. les charges

    Liste des autres charges entrant dans le cadre de l’exploitation

    • Achat de petit matériel et outillage.
    • Charges d’exploitation (électricité, eau).
    • Charges d’entretien du matériel et des équipements.
    • Charges administratives (téléphone, courrier, photocopies, …).
    • Taxes.

    La communication
    Elle comprend au minimum des plaquettes et des dépliants à distribuer auprès des structures actrices du développement territorial (office de tourisme, hébergeurs,
    associations, …).

    Les assurances

    • Les assurances obligatoires en Responsabilité Civile dans le cadre des activités physiques et sportives couvrant le personnel et les pratiquants.
    • Les assurances des locaux et des embarcations s’il y a lieu.

    G3. les recettes

    Les différentes catégories de recettes sont :

    • la récupération de frais auprès du public (prix de la prestation accompagnée, de 15 à 20 €),
    • la location de matériel (PMT, combinaisons, tuba FM),
    • les recettes annexes (ventes d’articles divers),
    • les subventions de fonctionnement,
    • les aides à l’emploi ou les récupérations de charges.

    H. Le planning

    La mise en place d’un sentier sous-marin demande un certain temps entre l’initiation du projet et l’ouverture au public. Les consultations, l’étude du site et la mise en place des moyens se comptent en mois de travail.

    La check-list des tâches ci-dessous, que l’on pourra compléter par des sous tâches spécifiques au projet, sera d’une aide importante afin de construire un planning rétroactif.

    • Déterminer les choix préalables : type de SSM, public et objectifs
    • Mettre en place le comité de pilotage (partenaires, usagers, pêche, ressources)
    • Études préalables au choix du milieu
    • Cartographie des usages
    • Cartographie de la zone richesse / dangers
    • Élaborer le cahier de charges : choix du site, des activités et des moyens
    • Compte d’exploitation prévisionnel
    • Mise en place de la concertation auprès des usagers et des acteurs du territoire
    • Recherche de financement
    • Demande d’AOT
    • Déclarations Ministère Jeunesse et Sport
    • Demande d’affiliation et agréments
    • Plan de balisage et installation du balisage
    • Installation des locaux d’accueil et techniques
    • Achat éventuel : embarcation / camionnette
    • Achat matériel de sécurité et de secours
    • Achat équipement pour pratiquants
    • Mise en place d’éléments terrestres : panneaux signalétiques, …
    • Embauche
    • Achat ou création d’outils pédagogiques
    • Ouverture
    • Suivi
    • Engagement à la charte et réseau
    Copyright © 2018 Sentiers sous-marins de méditerrannée OnePress thème par FameThemes. Traduit par Wp Trads.
    Charges Année1 Année moyenne
    Equipement randonneurs 5065 € 1977 €
    Matériel de sécurité 1075 € 745 €
    Entretiens des locaux 180 € 180 €
    Outils pédagogiques 150 € 30 €
    Fonctionnement
    Assurances*
    Communication
    Téléphone
    Autres charges*
    300 €
    1200€
    270€
    400€
    300 €
    1000€
    270€
    400€
    Salaires et charges 6600 € 6600 €
    TOTAL 152400 € 11502 €